Vignette historique: Johan Beetz, figure importante de la Côte-Nord

Vignette Historique de la saison

Hiver 2011

JOHAN BEETZ (1874-1949) Johan Beetz

Il était une fois, à la fin du 19ème siècle, un jeune Belge de bonne famille ayant étudié en médecine et en biologie devient amoureux de Marthe, fille à laquelle il deviendra fiancé. Né dans la sécurité du château d’Oudenhouven, Johan est loin de se douter que sa vie basculera, et qu’il deviendra en quelque sorte une ”version québécoise de Jean de Florette”, mais avec une fin heureuse dans ce cas-ci.

Un jour, Marthe devient malade de pneumonie. Elle finira par en mourir. Dès lors, c’est le chagrin profond pour Johan. Mu par un besoin de changer ses horizons, achète la maison d’un Belge appelé Monsieur Werner. Ce dernier a choisi une demeure en Basse Côte Nord, dans un lieu s’appelant alors Pashti Baie. Arrivé sur place, Johan pratiquera la chasse et la pêche dans sa nouvelle contrés d’adoption.

Johan Beetz y rencontrera l’année suivante sa future femme, Adèla Tanguay, une femme métisse dont on se souvient encore de sa beauté. Monsieur Beetz peut sembler dépaysé pour les observateurs du coin, cependant, il a déjà voyagé au Congo ainsi que l’Algérie et le Maroc. Il décid d s’établir de manière définitive dans son petit village.

Étant naturaliste de formation, Johan Beetz a une idée derrière la tête. Les richesses en pelleteries du pays sont renommées dans le monde entier, cependant personne n’a encore essayé son plan a lui. Il veut lancer un élevage d’animaux à fourrures. De cette manière, il pense augmenter la productivité de la région en fourrure, et par le fait même, abaisser la dépendance sur les lignes de trappe.

Son projet portera fruit, la maison qu’il fait construire pour sa femme et lui est aujourd’hui classée monument historique par le gouvernement du Québec. Il vivra plusieurs années dans le village, assumant le métier de maître-poste. Il est réputé avoir épargné le village des ravages de la grippe espagnole grâce à ses connaissances médicales, qui lui firent mettre le village en quarantaine.

Johan Beetz gagnera aussi une solide réputation d’homme fiable auprès des Innus-Montagnais de la région. Il passera outre la ségrégation sévissant alors durement. Il favorisera dès lors le dialogue avec les communautés autochtones, d’égal à égal. On se souviendra de lui pour ce qu’il enseigna à ces dernières. Connaissant les astuces et arnaques des blancs, il s’assurera d’enseigner aux Innus comment faire commerce de fourrure avec les descendants d’Européens, sans se faire avoir. Trop souvent, les premières nations de la région vendaient leurs fourrures contre des objets n’ayant presque aucune valeur aux yeux des blancs, ou encore, contre très peu d’argent. Monsieur Beetz leur enseignera donc quelle est la véritable valeur des pelleteries une fois qu’elles arrivaient de leur transit Atlantique. Combien fûrent surpris de constater la quantité d’or qui leur filait entre les doigts.

Johan Beetz quittera son village en 1922, pour s’établir à Montréal, puis à Québec . Il deviendra une sommité dans le monde de l’élevage de la fourrure. Il sera un des importants acteurs qui mettront en place le maintenant défunt Jardin Zoologiqe de Québec.

Il eut plusieurs enfants, avant de mourir, en 1949, à Québec. Le village qu’il avait tant aimé, et qui l’avait consolé de son initiale tristesse sera rebaptisé Baie Johann Beetz, en 1965. Si vous faites le voyage pour vous rendre en Basse Côte Nord, un jour, soyez sur de faire une halte dans ce petit village qui comptait en 2006 , 96 habitants. Il s’agit en effet d’un petit village digne d’un livre d’enfants. Là, sur la rive, vous y verrez, saillante, la demeure de la famille Beetz, que certains appellent affectueusement ”le château”.

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