Champignons forestiers

 

Alors que l’époque était encore en noir et blanc, une espèce particulière d’aventuriers sillonnait la forêt boréale du Québec. Il s’agissait de prospecteurs chercheurs d’or au regard habitué à caresser chaque effleurement rocheux pour y trouver les indices d’un gisement potentiel.

Mathieu Allaire /

 De nos jours, une nouvelle génération de prospecteurs émerge. À chaque printemps les expéditions s’organisent vers les grandes étendues de forêt brûlée, les cueilleurs se lancent prêts à scruter des kilomètres pour repérer un trésor de la myco-gastronomie. Un an après un feu de forêt, si les conditions ont été bonnes, une espèce particulière peut se retrouver en abondance à travers la cendre noire du sol. La morille de feu appelée ainsi par les chefs du sud du Québec, non seulement à cause de ce phénomène (feu de forêt) mais aussi à cause de son riche goût boisé, terreux, voire boucanier.

 Les cueilleurs assez chanceux pour tomber au bon endroit pourront alors ramasser des quantités impressionnantes de ce champignon tant convoité. Mais même si la morille peut se vendre à prix d’or (il s’agit du deuxième champignon vendu le plus cher sur le marché, juste après la truffe), l’éloignement des sites de récolte et les risques du voyage peuvent rendre l’aventure incertaine.

Au Québec cette industrie en est à ses débuts mais commence à se structurer et le potentiel est énorme. Les aventuriers mycologues n’ont plus besoin de s’exiler au Yukon et se retrouvent maintenant dans plusieurs régions, mais le Saguenay-Lac-St-Jean semble vouloir se définir comme un camp de base important de cette industrie. Notamment avec des entreprises comme Amyco et Morille Québec qui permettent de faire le lien entre cette ressource forestière et les consommateurs et restaurateurs. En favorisant l’accessibilité et la distribution des champignons forestiers, ces entreprises permettent à tous de profiter de cette ressource gastronomique. Même ceux qui n’ont pas encore trouvé leur talles secrètes pour les cueillir. Longtemps négligés, les champignons forestiers sont donc maintenant disponibles et pourront prendre la place qu’ils méritent dans notre sphère gastronomique.

Bien que la morille soit une vedette, elle n’est pas seule à peupler nos forêts, les chanterelles, matsutake, bolets et autres sont bien présents. De nouvelles compagnies sont même en train de développer des techniques de culture de variétés de champignons forestiers. Cette méthode semble donner des résultats et se perfectionne sans cesse. Un véritable savoir-faire est ainsi en train de se créer. Et si elle continue de se développer l’industrie des champignons forestiers permettra sans doute de voir la forêt comme autre chose qu’un simple entrepôt de bois de construction. Plutôt y voire un grand jardin d’où surgit une panoplie de merveilles tantôt utiles, tantôt d’une beauté insoupçonnée..

Amyco (www.amyco.ca)
Morille Québec (www.morillequebec.com)

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