VIGNETTE HISTORIQUE La Côte Saint-Antoine: d’hier à Aujourd’hui.

Vignette Historique de la saison

La Côte Saint-Antoine: d’hier à Aujourd’hui.

Côte Saint-Antoine

Le méconnu chemin de la Côte Saint-Antoine, aujourd’hui , est une avenue naturalisée parmi tant d’autres dans l’ouest de Montréal. Cependant, cette rue en est une chargée d’un peu plus d’histoire que les autres, et son tracé irrégulier en témoigne toujours.

L’Île de Montréal étant occuppée presque entièrement, sur sa superficie, par les Agniers (aujourd’hui appelés Mohawks), le tracé original du Chemin de la Côte Saint Antoine était en fait, à l’origine, un sentier crée par les membres de cette tribu pour descendre des hauteurs de l’ouest du Mont Royal, vers la rive du fleuve. Lorsque les guerres entre ces Iroquoïens et les français firent avancer les lignes d’habitation au delà de ce que l’on appelle aujourd’hui le Vieux Montréal, trois lots importants furent offerts à Martin Hurtubise, Jean Décarie, et Jean Leduc, en 1654.

Contre les conseils de plusieurs qui avançaient qu’il était fou de construire des habitations permanentes en ces terres sujettes à tout instant à des attaques agnières, les trois colons persistèrent et défrichèrent leurs terrains, pour ensuite y bâtir leurs maisons. Ils le firent le long de cet ancien sentier traditionnel, et se servirent de ce dernier comme voie de transport principale pour se rendre à leurs maisons. Ce sont, plus tard, les autorités religieuses qui élargirent et rendirent carrossable de manière permanente le chemin de la Côte Saint-Antoine. On doit ainsi aux Sulpiciens la normalisation de ce secteur de la future ville de Montréal, aujourd’hui située en partie dans la municipalité de Westmount.

Parc Murray Hill

Lorsqu’on emprunte ce chemin aujourd’hui, on se rend compte que ces terrains étaient parmi les mieux situés sur l’Ïle de Montréal, sur pied du flanc ouest du Mont Royal. La Côte Saint Antoine débute à un endroit ambigü, non loin des rues Greene et Sherbrooke, elles, tracées selon un cadastre résolument plus récent et rectiligne. Lorsque nous montons la côte, on peut entre-apercevoir la topographie d’antan en se fiant à celle du parc Murray Hill.

 Une fois la côte montée, en continuant le chemin, on vient à apercevoir une grange, ce qui contrevient aux standards municipaux d’habitation de la municipalité de Westmount. Comment se fait-il que ce bâtiment de style rural puisse être toléré dans ce secteur?

Grange de la maison Hurtubise ©EDS

Maison Hurtubise, plus vieille maison résidentielle encore sur pied, à Montréal. © EDS

Il s’agit en réalité de la grange annexe de la maison Hurtubise, cette grange date de 1875. Elle orne le terrain de la maison originale construite par Martin hurtubise en 1688. Cette maison est toujours là, constituant la plus ancienne maison unifamiliale de Montréal, encore sur pied aujourd’hui, avec son architecture typique, ainsi que sa toiture en bardeaux de cèdre. Cette maison amène un certain je ne sais quoi au Chemin de la Côte Saint-Antoine. L’âme de cette rue y est incarnée, respirant à travers les vieux arbres qui ponctuent cette rue irrégulière. Il est très fréquent d’apercevoir des gens s’arrêtant pour photographier la maison doyenne de la métropole. On peut la visiter, la section d’époque a été conservée telle un musée, et une petite annexe y a été construite, respectant l’esthétique et les matériaux d’époque, et cette section de la maison peut se louer. On peut donc aspirer à, un jour habiter la plus vieille maison de Montréal.

  Toujours en continuant cet intéressant périple le long de cet ancien sentier camouflé par des constructions plus récentes ainsi que des panneaux de signalisation, on retrouve une discrète maison jonchée sur un coin de rue de la Côte Saint Antoine. On continue parmi les maisons assez imposantes et les arbres d’un âge certain, jusqu’au début du secteur Notre Dame de Grâce, au coin de la rue Vendôme. On y voit une belle maison d’une couleur rose assez inhabituelle dans le secteur avec son petit jardin. Cette discrète maison est en fait assez ancienne, et constitue la maison située sur le lot qu’a défriché un autre des trois colons responsables du défrichement de ce secteur à l’époque de la Nouvelle France: Jean Décarie. Il s’agit de la maison Décaris, l’orthographe peu habituelle du nom de famille étant due au fait que les Décary étaient trois frères dont le courrier se faisait constamment mélanger, ces derniers ont donc décidé d’adopter trois orthographes différentes pour différencier leurs personnes respectives, nom dont témoigne encore à ce jour la fameuse autoroute décarie qui croise quelques coins de rue plus loin, l’intrigant Chemin de la Côte Saint Antoine.

Maison Décaris, rue Côte Saint-Antoine ©EDS

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