Un marché public se doit d’être diversifié.

Dans l’arrondissement Saint Laurent, à Montréal, celui qui a connu la plus forte croissance démographique l’an passé, nous retrouvons le marché Hawaï. Cet endroit ressemble presque à un marché public, tant l’offre y est opulente.

On y retrouve toutes sortes de produits utilisés dans la cuisine chinoise, thaïlandaise et cambodgienne. Ce genre de commerce se transformerait aisément en marché public, un peu comme le marché de nuit Richmond à Vancouver. Phénomène ayant connu une croissance certaine au début des années 2000. Le marché de nuit est un marché public typiquement asiatique, où les kiosques n’ouvrent qu’à la tombée de la nuit. Ce faisant, on s’adapte à l’horaire difficile des temps modernes en permettant au public de faire ses emplettes après le travail. Ce sont des lieux emplis de vie, et d’animation, qui insufflent énergie dans leurs quartiers respectifs. Celui de Richmond à Vancouver à commencé avec quelques kiosques dans un stationnement, pour devenir aujourd’hui une quasi-institution.

Marché de nuit Shin Lin, à Taïpei.

Mais voici qu’ici, une journaliste de La Presse, Mercredi 15 août 2012 note qu’au Marché Jean-Talon, on retrouve toute une panoplie de produits qui ne sont pas locaux, tandis qu’à New York, un règlement empêche la vente de produits non-régionaux dans les marchés publics. En suivant cette logique, le rambutan n’aurait pas sa place au Marché Jean-Talon, puisque nos producteurs locaux ont déjà assez de difficultés financières comme ça.

Réglementer le marché public pour y interdire la vente de produits régionaux est elle une solution qui favoriserait les producteurs? Notre rapport au marché public est-il le même que celui retrouvé à New-York?

En effet, sachant que les marchés à grande surface contrôlent 85% du marché des fruits et légumes, une réglementation réduisant l’offre des marchés publics ne saurait que nuire à ces derniers. Selon le directeur général de l’Association des jardiniers maraîchers du Québec, André Plante, plusieurs marchés publics fermeraient s’il en était ainsi.

Ainsi une règlementation de plus dans les pattes des producteurs et des marchés publics, qui réduirait la diversité trouvée chez ces derniers, serait presque de manière directe, un moyen qui favoriserait à long terme les marchés à grande surface au détriment des producteurs et commerçants présents au marchés publics. Les grandes surfaces ont très certainement un rôle principal à jouer dans l’alimentation de masse des foyers. Cependant, il doit demeurer un endroit où l’on peut trouver certaines spécialités, souvent produites à plus petite échelle ou difficilement trouvables dans les grandes chaines d’alimentation.

Il serait en effet triste d’appliquer une réglementation contraignante en la matière. Sami fruits, une des meilleures fruiteries du coin, offre parmi les plus beaux fruits trouvés à Montréal. Doit-on leur retirer absolument leur stocks de caramboles et de fruits de la passion? Si un kiosque offre des grillades faites avec des produits importés, doit-on lui interdire? Ne pensons même pas à empêcher la clientèle du marché d’aller chercher un bon camembert ou de l’huile d’olive de choix car ces derniers contreviennent au règlement.

Bien qu’il soit indispensable de favoriser l’essor des producteurs du Québec, et les encourager à se développer, des mesures positives seraient sans doute les plus appropriées. En gardant un cadre d’analyse plus large de la question, nous pouvons constater que les marchés publics sont des lieux qui deviennent des signatures de leurs quartiers, voire de leurs villes. La diversité des produits y est très importante. Cependant, le plus crucial pour la santé d’un marché, c’est d’avoir des clients éduqués en leurs choix d’achats.

Marché Atwater

 

 

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