Les machines distributrices du terroir.





Machine distributrice vendant objets originaux d'art.

Machine distributrice vendant objets originaux d’art.

Une nouvelle innovation permet à plusieurs producteurs régionaux d’atteindre leur public qui, sans elle, serait difficile d’accès. En effet, une nouvelle tendance est désormais adoptée, principalement dans les pays d’Europe, par plusieurs artisans et entreprises offrant des produits authentiques qui sont très peu retrouvés sur les rayons des grandes surfaces. Ce nouveau lien entre la clientèle qui s’en réjouit, et les fournisseurs, est tout simplement la machine distributrice!
La tendance est née en Italie. C’est là, autour de 2005, qu’est apparue sur le radar une initiative visant à rendre disponible à la population, du lait cru. Les petites exploitations agricoles étaient trop pénalisées par le système de distribution à grande échelle du lait, en vigueur dans le pays. Par conséquent, on a eu l’idée d’installer des machines distributrices de latte crudo à divers endroits. Si on retrouve maintenant des machines distributrices qui vendent des objets inusités, allant de CD et clefs USB de musique indépendante, à objets d’arts originaux signés, il n’y a aucune raison que l’on ne puisse y raffiner aussi l’offre des denrées comestibles.
Le phénomène a progressé de manière telle qu’en automne 2014 on en comptait environ 1300 en Italie seulement. Le public a vite adopté cette option, aller chercher son lait cru à la machine distributrice la plus proche, en emportant avec soi sa bouteille de vitre préférée pour la remplir soi même est devenu une habitude assez répandue. En octobre 2014, le gouvernement Italien décida d’imposer les normes européennes à ces points de vente. On a dû dès lors afficher en grosses lettres qu’il faut bouillir le lait avant de le consommer.
Laiterie des Monts, Monts Lyonnais, France

Laiterie des Monts, Monts Lyonnais, France

Aujourd’hui, le phénomène prend son envol en France aussi. C’est un excellent moyen pour des petites laiteries de tirer leur épingle du jeu. Ainsi, des groupes comme la Laiterie des Monts ont vu le jour. Ainsi, quatre petites exploitations laitières des Monts Lyonnais ont pu trouver une façon constructive de vendre leur produit. Ceci leur permet de vendre leur lait à 50 centimes Euro, plutôt que 30 dans les réseaux conventionnels de distribution. Leur lait en est un d’excellente qualité, provenant d’une région aux pâturages très riches, et sans OGM. Ceci permet de créer un pont entre le monde rural et les populations urbaines. Le lait cru à su trouver une clientèle très enthousiaste, et une tendance se dessine en ce sens.

Beaucoup d’acheteurs réguliers de ce lait apprécient en faire du beurre et de la crème, et en tirer le petit lait. En plus du goût plus riche de ce lait, il renferme beaucoup plus de vitamines et de minéraux que sa contrepartie industrielle. En fait, le lait cru de bonne qualité a même des propriétés antioxydants et anti-bactériennes. Certaines études lui prêtent la propriété de réduire les allergies et l’asthme. Une récente étude européenne montre que les enfants qui boivent du lait cru hygiénique mais non pasteurisé, ont une fonction immunitaire plus forte que celle des enfants buvant du lait pasteurisé. La consommation de ce lait hygiénique mais non pasteurisé chez les enfants serait reliée à environ 30% de moins d’incidence d’infections chez ces derniers.

Il est dommage de constater que pour l’instant, le système de quotas de lait rend impossible la commercialisation du lait cru en surplus des petites exploitations fermières, directement du pis à la machine distributrice. En France, un système est souvent utilisé où un organisme à but non lucratif s’occupe du transport de la marchandise, et les bénéfices sont reversés aux fermes laitières qui l’emploie à cette tâche. L’exercice serait impossible ici compte tenu des réglementations tant au niveau des quotas de lait que des réglementations interdisant, encore aujourd’hui, le lait et la crème non pasteurisés. Bien que ces règlementations soient là pour des raisons tout à fait justifiables, certaines exceptions pourraient tout à fait, à l’avenir, être faites pour les exploitations de petite taille.

Ferme de la Barrière, Rebecq, Belgique

Ferme de la Barrière, Rebecq, Belgique

La mode des machines distributrices ne s’arrête pas au lait. C’est un formidable moyen pour le consommateur aguerri de retrouver des denrées autrement presqu’impossibles à atteindre. La Ferme de la Barrière, en Belgique, offre une machine distributrice qui permet à celui qui y insère l’argent d’en retirer toute une gamme de production fermière de qualité. Les paniers de l’agriculture soutenue par la communauté sont très populaires à travers le Québec. Cette méthode, qui consiste à se faire livrer la production d’une ferme donnée, à intervalles régulières, à su se frayer un chemin dans les habitudes de consommation de plusieurs foyers Québécois. Cependant la machine distributrice serait d’un autre ordre. Au lieu d’aller chercher son panier, on va à la machine distributrice, et on choisit ce que l’on veut parmi ce qui est disponible. Dans le cas de la ferme de la Barrière, il s’agit de saucissons, saucisses sèches, rillettes, foies gras d’oie, et de fromages. Si plusieurs exploitations fermières de qualité s’y mettent, cela pourrait devenir une option très réaliste pour le consommateur. La règlementation parfois excessive du Québec pourrait s’en mêler, mais il y a toujours moyen d’avoir des machines distributrices réfrigérées. Si on peut se procurer des pizza dans certaines machines distributrices des gares de train ou de bus, il n’y a aucune raison qu’on ne pourrait y retrouver des portions d’une récente production fermière d’une région voisine. La qualité justifie le prix, et la population est prête, du moins à petite échelle, à encourager la disponibilité de telles produits.

Voilà donc une idée qui avance bien. Bien que ça n’est peut-être pas demain que vous pourrez aller vous acheter votre sac de 1,5 litre de lait fermier dans une machine distributrice de votre quartier, il est intéressant de noter que plusieurs pays d’Europe, malgré la lourde règlementation du continent, intègrent bien cette méthode au mode de vie de leur quotidien. C’est une innovation très utile et flexible, qui complémente très bien le marché conventionnel. Espérons que bientôt, l’exercice se fera aussi de ce côté de l’Atlantique!




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