Le monde des eaux de vie, au Québec

Si le monde des cidreries, des micro-brasseries, des vignobles et d’autres boissons artisanales du Québec est en plein essor, celui des distillateurs n’en est qu’à s’établir, bien qu’il y en ait eu plusieurs déjà au cours de l’histoire. L’ère où l’alambic était mis au rancart semble se transformer en une ouverture du marché de la distillation pour quelques rares téméraires qui en ont eu la permission. Portrait d’une tradition qui semble vivre une renaissance en Amérique du Nord.

  Le Québec ressort l’alambic de la remise.

Festival Mémoire et racines.

Un festival qui incarne très bien l’esprit de Lanaudière. Comme plusieurs le savent, la région de Lanaudière est reconnue pour sa prolifique musique traditionnelle. C’est de là que vient le patriarche du domaine: Yves Lambert, ainsi que plusieurs groupes de renom traditionnels, et néo-traditionnels.

Il est donc normal qu’à Joliette, chef lieu de Lanaudière, un groupe de citoyens soit arrivé à la conclusion qu’il fallait faire un festival pour mettre en valeur tout le patrimoine caractéristique de la région. Plutôt que de faire un simple festival de musique traditionnelle, on a décidé d’en faire un vrai festival Lanaudois. Ainsi on rassemble plusieurs disciplines: en plus des formations musicales “trad” et “néo-trad”, on y retrouve une forte présence de l’art du conte et bon nombre de conteurs partageront leur art. Une place très importante est faite à la gastronomie, on retrouvera microbrasseries, mais aussi cidreries, fromageries, charcutiers, vignobles et autres producteurs de denrées alimentaires. De plus bon nombre de métiers anciens, et donc de confections artisanales seront disponibles. Enfin, évidemment, l’événement ne serait pas complet sans son lot de soirées de chants et danses traditionnels. Plusieurs invités proviendront de la région, mais aussi d’en dehors du Québec.

Une particularité cette année: un concours a été mis sur pied pour l’édition de cette année: vous courez la chance de recevoir la visite, toute une soirée, d’un groupe de musique traditionnel dans votre salon! Voilà un prix des plus charmants et inusités! C’est donc une édition remplie de découvertes qui vous attend cette année, au parc Bosco, à Joliette avec un pré festival, ce mercredi et jeudi, dans le centre-ville. Il s’agit de la 16ème édition de ce festival qui, de plus en plus, devient synonyme avec l’esprit lanaudois, qui est là pour rester.

Le 25 et 26 juillet 2012: pré-festival

Du 27 au 29 juillet 2012: festival principal.

Site Web

Le retour du marché fermier du Mile-End.

groseilles

La saison estivale étant officiellement installée, il est agréable d’assister au retour de plusieurs de ses attraits. Ainsi nous constatons avec joie la réapparition du marché fermier du quartier du Mile-End à Montréal.

Ce marché en est un ayant lieu deux fois par semaine, soit le jeudi et le dimanche. Il se démarque des kiosques que l’on peut retrouver aux sorties de certains métro tels la station Mont-Royal. En effet, il s’agit d’une expo qui regroupe des petits producteurs, souvent biologiques ou fermiers, offrant dans bon nombre de cas, produits artisanaux et de qualité. Le Marché fermier de cette anné aura un nombre accru de collaborateurs, se traduisant par une offre plus fournie. On pourra donc y retrouver fruits et légumes biologiques et surtout: locaux, ainsi que produits sauvages, fromages, cidres, viandes sans hormones, et toute une panoplie de produits transformés sur les lieux de production de leurs ingrédients principaux respectifs.

Voilà donc un marché qui permet de cibler des petits producteurs locaux faisant des produits empreints de qualité. C’est un pas de plus vers la démocratisation et l’adoption des marchés publics au Québec, au niveau des régions, des villes, et aussi, de plus en plus, au niveau des quartiers.

Le marché aura lieu chaque dimanche et jeudi après-midi en face du parc Lahaie, au coin des rues Saint Dominique et Laurier.

 

Invitation en face du Château Frontenac de la part de producteurs d’alcools du Québec.

 

Une perte pour Québec: la S.A.Q signature du Château Frontenac ferme ses portes. Cette S.A.Q. une des plus importantes du Québec, en plus de tenir les vins haut de gamme, était connue pour son comptoir “Terroirs d’Ici” qui avait pour but d’offrir une généreuse offre de produits québécois. Cette succursale était des plus importantes puisque non seulement elle offrait un service pour les habitants du quartier, mais elle était une vitrine sans pareil pour faire rayonner les produits québécois alcoolisés à l’échelle internationale via l’imposant contingent de touristes qui y passent chaque année.

Mais voilà que, rentabilité souhaitée n’étant pas au rendez-vous, on a décidé de fermer cette succursale. Bien qu’il soit compréhensible que des impératifs économiques puissent faire déménager une boutique, il est nécessaire cependant d’ajouter qu’une des responsabilités de la S.A.Q. est d’investir dans la visibilité des produits du Québec. Bien que les producteurs de nos régions ne peuvent souvent se payer une visibilité suffisante, la société d’état est en bonne position pour en maximiser la promotion.

Voilà pourquoi la population est invitée demain, samedi le 25 mars, à partir de 13 heures,  en face du Château Frontenac, en avant de la S.A.Q. signature. Une fête familiale attend ceux qui veulent supporter les producteurs d’alcool du Québec dès 13 heures jusqu’en fin d’après midi. Vous serez invités à déguster des vins et autres boissons alcoolisées du Québec. Une fête organisée pour l’occasion par l’Association des Vignerons du Québec.

La SAQ signature du Château Frontenac fermera le 16 avril. On a prévu de la déménager dans le Complexe Jules Dallaire du quartier Sainte Foy.

 

Le vin de glace menacé au Québec.

Le vin de glace produit au Québec est menacé par un nouvel encadrement règlementaire de l’ACIA (Agence Canadienne d’Inspection des Aliments). Le “eiswein” du Niagara est reconnu mondialement comme un des meilleurs. Le vin de glace produit au Québec est moins connu, mais a néanmoins remporté maintes fois des prix internationaux.

Voilà que l’ACIA veut redéfinir le vin de glace comme étant exclusivement issu de raisins ayant gelé sur la vigne. Jusque là, aucun problème car le souci de rigueur veut que l’on ne puisse pas vendre n’importe quel vin sous l’appellation “de glace”; il y a en effet eu plusieurs cas d’abus dans le passé. Cependant, au Québec, le climat régissant la majorité des vignobles est nettement plus froid que celui de la péninsule du Niagara, ou que de l’Okanagan. Par conséquent, les raisins ont tendance à tomber par terre dans la neige, ce qui a tendance à freiner, ou du moins modifier le traitement cryogénique hivernal que doit subir le raisin pour produire un vin de glace. Les vignerons Québécois, dont la plus forte concentration est situé dans la région de Brôme-Missisquoi, ont développé une méthode propre à eux pour faciliter le passage du vent d’hiver sur les raisins: on suspend les grappes sur des filets situés au dessus des vignes. Ceci a pour effet d’empêcher les pertes du raisin tombé au sol, et ne dénature en aucun cas le produit, que ce soit au niveau moral, qualitatif ou gustatif.

Cette nouvelle définition de l’ACIA aura pour effet d’empêcher les vignobles québécois de vendre leur vins de glace sous cette appellation. Les producteurs devront trouver un autre terme inventé ce qui amènerait une situation absurde, selon la majorité des producteurs de vin de glace au Québec. Une situation qui pousse les vignerons à se regrouper pour vous demander de les aider, une pétition en ligne a été initiée pour réclamer au gouvernement du Canada de tenir compte de la situation particulière des vignerons produisant du vin de glace au Québec, et de les inclure dans la définition du vin de glace. Voici donc votre occasion d’apporter votre support aux téméraires producteurs de vin de glace, un savoir faire précieux du patrimoine agro-alimentaire d’ici.

Pour signer la pétition

 

Lourde perte pour les producteurs d’alcools du Québec.

Encore une mauvaise nouvelle pour les producteurs de vins et de boissons artisanales du Québec, une de leurs plus importantes vitrines sur le marché des touristes internationaux va fermer.

Au Québec, les producteurs de vins, de cidres et d’autres boissons alcoolisées artisanales ont la vie dure. Produire un alcool artisanal est un travail assez laborieux, et nécessite beaucoup de ressources, mais le mettre en marché au Québec est un exercice quasi-impossible.

Il existe deux catégories de permis pour la production de boissons artisanales comme les vins, cidres, mistelles et autres elixirs du genre: un permis industriel et un permis artisanal. Le permis industriel est celui qui permet de vendre dans tous les commerces habiletés à vendre de l’alcool au détail, comme dans les épiceries. Par contre, le permis artisanal interdit la vente du produit ailleurs que sur le lieu de production ou encore dans un kiosque de marché public tenu par le producteur. Ceci est en contraste total avec les producteurs de bière disposant d’un permis dit artisanal, qui est néanmoins considéré tel un permis industriel, et leur permet de vendre leur bière dans n’importe quel commerce de détail disposant d’un permis.

Les producteurs d’alcools artisanaux du Québec autre que la bière, viennent donc de subir une autre perte pour leur cause. En effet la SAQ, depuis 2005 valorise sa section “terroirs d’ici” où certains producteurs artisanaux (d’une gamme très restreinte) ont le droit d’y vendre leurs produits. La plus imposante succursale de la SAQ munie d’une section “terroirs d’ici” est sans aucun doute la SAQ Signature de Québec, située dans le sous-sol du Château Frontenac, arrêt obligatoire de bon nombre des touristes visitant Québec. Mais voilà que la direction de la SAQ vient de juger que les ventes en produits alcoolisés régionaux sont insuffisantes et ont donc décidé de fermer cette importante vitrine sur les produits québécois.

Une bonne partie des producteurs déplorent cette fermeture. Au delà de la rentabilité, cette visibilité était un investissement à long terme pour le savoir faire agro-alimentaire du Québec, unique en Amérique du Nord. La SAQ terroirs d’ici du Château Frontenac fermera donc le 16 avril prochain. Dommage que le mandat de la SAQ ne comporte pas pour l’instant une branche visant le maintien de la visibilité accrue pour les producteurs du Québec. Sans doute va-t-il falloir accepter d’exposer nos producteurs à la concurrence étrangère, et modifier la règlementation de la RACJ pour donner le droit aux producteurs artisanaux d’alcool, des droits similaires à ceux dont disposent les détenteurs de permis de production artisanale de bière, soit celui de pouvoir offrir leur produit et le distribuer jusqu’à votre dépanneur du coin ou encore chez votre épicier.

Espérons qu’il y ait mobilisation pour faire corriger cette règlementation.