Lourde perte pour les producteurs d’alcools du Québec.

Encore une mauvaise nouvelle pour les producteurs de vins et de boissons artisanales du Québec, une de leurs plus importantes vitrines sur le marché des touristes internationaux va fermer.

Au Québec, les producteurs de vins, de cidres et d’autres boissons alcoolisées artisanales ont la vie dure. Produire un alcool artisanal est un travail assez laborieux, et nécessite beaucoup de ressources, mais le mettre en marché au Québec est un exercice quasi-impossible.

Il existe deux catégories de permis pour la production de boissons artisanales comme les vins, cidres, mistelles et autres elixirs du genre: un permis industriel et un permis artisanal. Le permis industriel est celui qui permet de vendre dans tous les commerces habiletés à vendre de l’alcool au détail, comme dans les épiceries. Par contre, le permis artisanal interdit la vente du produit ailleurs que sur le lieu de production ou encore dans un kiosque de marché public tenu par le producteur. Ceci est en contraste total avec les producteurs de bière disposant d’un permis dit artisanal, qui est néanmoins considéré tel un permis industriel, et leur permet de vendre leur bière dans n’importe quel commerce de détail disposant d’un permis.

Les producteurs d’alcools artisanaux du Québec autre que la bière, viennent donc de subir une autre perte pour leur cause. En effet la SAQ, depuis 2005 valorise sa section “terroirs d’ici” où certains producteurs artisanaux (d’une gamme très restreinte) ont le droit d’y vendre leurs produits. La plus imposante succursale de la SAQ munie d’une section “terroirs d’ici” est sans aucun doute la SAQ Signature de Québec, située dans le sous-sol du Château Frontenac, arrêt obligatoire de bon nombre des touristes visitant Québec. Mais voilà que la direction de la SAQ vient de juger que les ventes en produits alcoolisés régionaux sont insuffisantes et ont donc décidé de fermer cette importante vitrine sur les produits québécois.

Une bonne partie des producteurs déplorent cette fermeture. Au delà de la rentabilité, cette visibilité était un investissement à long terme pour le savoir faire agro-alimentaire du Québec, unique en Amérique du Nord. La SAQ terroirs d’ici du Château Frontenac fermera donc le 16 avril prochain. Dommage que le mandat de la SAQ ne comporte pas pour l’instant une branche visant le maintien de la visibilité accrue pour les producteurs du Québec. Sans doute va-t-il falloir accepter d’exposer nos producteurs à la concurrence étrangère, et modifier la règlementation de la RACJ pour donner le droit aux producteurs artisanaux d’alcool, des droits similaires à ceux dont disposent les détenteurs de permis de production artisanale de bière, soit celui de pouvoir offrir leur produit et le distribuer jusqu’à votre dépanneur du coin ou encore chez votre épicier.

Espérons qu’il y ait mobilisation pour faire corriger cette règlementation.

2 thoughts on “Lourde perte pour les producteurs d’alcools du Québec.

  1. C’est regrettable comme situation. Il faudrait qu’on donne un coup de pouce à tous ces producteurs en travaillant la demande, mais c’est pas si facile de se procurer ces alcools!!

  2. On a tellement pas de fierté comme peuple. Aucun parti politique ne veut vraiment faire avancer l’économie du Québec, et prendre des mesures viables. On ne parle que de pétrole, une ressource qui va nous tuer. C’est misérable.

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